Les principales places européennes se préparent à une ouverture dans le rouge ce mardi, avec des baisses attendues de 0,81% pour le CAC 40, 0,73% pour le Dax et 0,7% pour le Stoxx 600. La raison ? Donald Trump a lâché une bombe lundi en déclarant que le cessez-le-feu temporaire avec l'Iran, annoncé il y a près de cinq semaines, était sous assistance respiratoire. Du jamais vu. 📉
🔍 Que se passe-t-il ?
Le président américain ne mâche pas ses mots. Sa métaphore choc signale clairement que les perturbations du trafic dans le détroit d'Ormuz vont se prolonger, et avec elles, la flambée des prix de l'énergie. Le baril de Brent se maintient au-delà de 100 dollars, une situation qui inquiète particulièrement une Europe dépendante des importations énergétiques.
Les négociations du week-end n'ont débouché sur aucun progrès concret. Trump doit se rendre mercredi à Pékin pour rencontrer Xi Jinping et faire pression sur la Chine afin qu'elle use de son influence sur Téhéran. Mais les analystes restent sceptiques quant aux chances d'avancées significatives, que ce soit sur le dossier iranien ou commercial.
💡 Pourquoi ça compte ?
Pour l'Europe, c'est un double choc. D'abord, l'effet direct sur les prix de l'énergie. Suvro Sarkar, responsable du secteur de l'énergie chez DBS Bank, l'a dit clairement : si aucun accord n'est conclu d'ici fin mai, des risques de hausse supplémentaire des prix du pétrole sont à prévoir. L'indice Stoxx 600 reste déjà environ 4% en dessous de ses niveaux d'avant-crise.
Ensuite, l'effet inflation. L'Allemagne a confirmé une inflation à 2,9% en avril. Les marchés anticipent désormais deux hausses de taux en Europe d'ici septembre, avec 75% de probabilité d'une troisième d'ici fin d'année. Un contexte qui contraste violemment avec les États-Unis, où la Fed devrait maintenir ses taux inchangés pendant un certain temps. Les chiffres de l'inflation américaine pour avril tombent ce mardi et devraient confirmer une hausse soutenue pour le deuxième mois consécutif.
📊 Notre avis
Pour nous, le marché européen est pris en étau. Les indices sont techniquement fragilisés et le contexte fondamental ne plaide pas pour un rebond rapide.
L'Europe subit de plein fouet l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient sans avoir aucun levier d'action. Contrairement aux États-Unis qui négocient directement avec l'Iran, ou à la Chine qui dispose d'une influence diplomatique sur Téhéran, l'Union européenne reste spectatrice. Résultat : elle encaisse la volatilité des prix de l'énergie et voit son inflation repartir à la hausse, obligeant la BCE à durcir sa politique monétaire alors même que la croissance européenne reste anémique. Le différentiel de politique monétaire avec la Fed risque de s'accentuer, ce qui pèsera sur l'euro. Actuellement, l'EUR/USD s'échange à 1,1770, un niveau qui pourrait être remis en question si la divergence Fed-BCE se confirme. En parallèle, les valeurs du secteur de l'énergie restent les seules bénéficiaires de cette instabilité, mais attention aux prises de bénéfices rapides en cas de retournement soudain des négociations.
On anticipe une volatilité élevée dans les prochaines semaines, avec un biais baissier sur les indices européens tant qu'aucun accord clair n'émerge sur le dossier iranien. Pour le trader français : privilégie les positions courtes sur les indices européens avec un stop serré, et surveille de près les niveaux de support du CAC 40.
✅ À retenir
- Trump juge le cessez-le-feu avec l'Iran sous assistance respiratoire
- Les Bourses européennes anticipent une ouverture en baisse de 0,7 à 0,8%
- Le Brent reste au-delà de 100 dollars le baril
- Les marchés prévoient deux hausses de taux BCE d'ici septembre
- L'indice Stoxx 600 reste 4% sous ses niveaux pré-crise
Et toi, tu en penses quoi ? Tu crois encore à un rebond des indices européens ou tu anticipes une correction plus profonde ?
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Source : Reuters, déclarations Donald Trump, DBS Bank



